La Route du Rom

Bali-Madura : une nav’ de rêve

Nous quittons Bali à regrets: nous y avions nos repères, quelques amis...nous nous y sentons bien.

Et puis...nous abordons avec anxiété le mois de navigation qui doit nous mener à Sumatra.

D’ores et déjà, nous savons que la navigation va être difficile: la mousson de Sud-est, dans cette mer de Java, travaille contre nous : nous anticipons vents et courants contraires, beaucoup de moteur...loin du plaisir de la voile tel que nous l’avons vécu en Australie...

Quant au plaisir du voyage, tel que nous l’avons vécu depuis notre arrivée en Indonésie et qui a compensé les navigations au moteur ?...Le programme de Vincent, déjà serré jusqu’à Bali, l’est encore plus suite à cette pause d’un mois...nous ne ferons que peu d’arrêts, toujours dans des grandes villes...plaisir du voyage et de la découverte plus réduits, dans ces ports sales, surpeuplés et tous semblables...

 

Nous voyons donc ce mois comme une corvée qu’il faut mener à bien, puisque nous nous sommes engagés auprès de Vincent à l’accompagner jusqu’à l’arrivée des prochains équipiers, à Padang.

 

Et puis...comme un encouragement, la mer nous fait cadeau d’une superbe nav’...

A peine sortis du port, vents et courants nous prennent en charge...Tequila maintient sa vitesse de pointe de 7kn (du jamais vu, même en Australie) pendant toute la journée et une partie de la nuit...La mer est belle, la côte de Bali défile sous nos yeux, dominée par l’imposant cône de Gunung Agung, le volcan sacré.

 

Gunung Agung, cône parfait fascinant, qui veillera sur toute notre navigation.

 

Quart de nuit...je retrouve avec plaisir la quiétude étoilée de la nuit, la solitude à l’écoute du bateau et de la mer...

Cette nuit, tout scintille ; l’étrave du bateau agite le plancton, qui s’illumine, laissant une voie lactée dans notre sillage. Dans le ciel, la vraie voie lactée brille comme elle le fait si bien quand on est en mer.

La terre n’est pas en reste dans cette symphonie de scintillements...les milliers de lumières des villages de pêcheur soulignent le dessin de la côte.

 

L’aube se lève, teintant de rose orangé les lignes parfaites du volcan. Dans le lointain, d’autres cônes rythment le paysage et indiquent la direction de Java.

 

Nous arrivons à Madura au milieu d’une flotte de bateau de pêcheurs colorés...L’enthousiasme des marins en voyant le bateau nous rappelle les îles du Nusa Tengara...

Ici, ce ne sont pas de petites barques de pêcheurs, mais de vrais bateaux marins, joufflus, stables, pouvant être propulsé à l’aide de 2 voiles auriques (même si les indonésien préfèrent leur moteur pétaradant...mais plus rapide)

 

Sur cette île, nous renouons avec le plaisir de la rencontre avec des gens pour qui le touriste est un évènement rare, sujet de curiosité et de bienveillance...un être humain et non une source de revenus...on nous invite, on nous questionne, les gens sont avides de nous faire découvrir leur village, écouter leur musique, goûter leur nourriture...nous nous laissons guider...c’est le meilleur moyen de découvrir des perles rares...

 

Sourires, salutations, questions...on doit s’arrêter tous les 10m en parcourant les rues de ce petit village de pêcheurs...

 

En quelques jours, nous retrouvons cumulés le plaisir de la navigation et celui du voyage...

Nous commençons à penser que ce dernier mois pourrait finalement être agréable...

 

Mais la mer de Java se chargera de nous rappeler à la raison...

 

12:42 - 29/01/2007 - Ajouter un commentaire

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