La Route du Rom

Conquis par l'Indonésie...

Déjà 1 mois en Indonésie !!!!

 

…Le temps est passe si vite…et en même temps, nous avons l’impression d’être là depuis si longtemps…il nous est arrivé tant d’aventures, de rencontres, de moments uniques…

Impossible de tout vous raconter par le menu, j’aurais peur de trahir la jubilation que chaque jour est pour nous dans ce pays où nous rebondissons de découverte en émerveillement, d’étonnement en nouveauté et où les habitants ont un sens du partage inné !

Je vais donc vous faire un petit patchwork des moments les plus forts, les plus inattendus ou tout simplement les plus « typiques »…

Accrochez votre sarong (jupe mixte traditionnelle d’ici, adoptée illico par Romain, car parfaitement adaptée à la chaleur), servez-vous un « Es teh » (y a-t-il besoin de traduction ?)…c’est parti pour quelques minutes de rebondissements en tout genre…excusez le fouillis, mais c’est ça…l’Indonésie !

 

Depuis un mois nous avons : 

  •  navigué, bien sûr…encore et toujours…et au moteur, car le vent est quasi nul !…mais la navigation n’est plus le clou de notre vie…ce sont les escales qui font tout le piquant du voyage !
  • visité 8 îles du Nusa Tengarra : Timor Ouest, Rote, Sumba, Rinca, Komodo, Sumbawa, Lombok et Bali
  • parcouru ces îles en moto, bémo (mini bus), bus, benne de camion, pousse-pousse, charrette à cheval et à pied…

 

Ce chauffeur, son Bémo et ses 2 « vendeurs de tickets » ont fait demi-tour exprès pour nous emmener et pouvoir discuter avec nous. Le Bémo doit être le plus « funky » possible : autocollants « Ferrari » ou « Che guevara », en passant par Britney Spears ou David Bekham (tous les goûts sont affichés !), couleurs flashy, peluches et autres nyama nyama suspendus dans la cabine et surtout, SURTOUT : stéréo à fond…sous tous les sièges des passagers : des baffles !…on apprend vite à éviter les chauffeurs aimant la techno, sous peine de décollement de tympan avant l’arrivée !!!!

  • Nous sommes passés
    • du partage de la noix de bétel avec les paysans traditionnels dans les villages reculés de Sumba à l’invitation au thé chez la femme du régent (équivalent du député) de l’île dans son jardin manucuré, dans un mobilier irréprochable et des discussions mondaines, en anglais;
    • des danses traditionnelles dans un mariage musulman de Sumba au concert de rock avec les jeunes rastas indonésiens à Sumbawa;
    • de la rando dans la savane à la recherche des dragons de Komodo, au snorkelling sur des coraux magnifiques (même si la pêche à la bombe et les sacs plastiques font encore des dégâts…);
    • du port bondé de bateaux et de pêcheurs de Sumba au mouillage désert dans une baie magnifique de Rinca;
    • de la tranquillité de la navigation dans le lever de soleil sur les montagnes volcaniques à la fureur d’un marché local de bon matin…}

 

En bref, nous n’avons pas eu le temps de nous ennuyer…A peine posons-nous un pied à terre dans un village ou un hameau que nous sommes le centre d’intérêt…les questions fusent …parfois en anglais :

 

« Hello mister » …qui devient une ritournelle entendue en permanence sur notre passage (j’ai parfois le droit à un miss, de la part de ceux qui apprennent l’anglais à l’école…)

« Where you go ? »…traduction littérale du “Mau ke Mana” indonésien à la rhétorique proche de notre « ça va ? »…la réponse consacrée étant « Jalan Jalan… » : je me promène…

 

Le plus souvent, les gens ne parlent pas ou peu anglais, les questions fusent alors en indonésien (toujours les mêmes, ce qui fait qu’on commence à bien les maîtriser, ainsi que les réponses !!)…D’où on vient, qu’est ce qu’on fait ici, pendant combien de temps on voyage…

 

Et puis, quand nos interlocuteurs voient que nous parlons un peu l’indonésien (je bénis le temps que j’ai investit dans l’apprentissage avec la méthode assimil), ils sont si heureux de pouvoir communiquer que l’on passe des heures entières avec un thé et un dictionnaire à échanger…

 

Nous les faisons halluciner :

1 ans de voyage pour rentrer jusqu’en France ?

Propriétaire d’un si gros bateau à 29ans ?

 

Nous devons être richissimes !

 

Quand nous leur disons que nous ne sommes que 3 sur ce bateau (eux qui pêchent à 6 sur des bateaux 3 fois plus petits !)…ils y croient à peine…

Et dire qu’en Australie les gens nous disaient « Mais vous êtes fous de vous entasser à 3 sur un si petit bateau ! »…

 

Gouffre culturel et économique…

 

Une assiette de riz frit au poulet coûte 0,5 euros, un thé; 0,2 euros…

(une bière, luxe suprême réservé aux touristes : 1,5euros !)

Quand nous retirons 100 euros au distributeur, cela nous donne 1 million de roupies indonésiennes…

 

Nous sommes millionnaires !!!!!

 

Et malgré cette différence, les gens sont accueillants, désintéressés…ils veulent juste s’asseoir à côté de nous et discuter…nous inviter chez eux pour le thé, nous présenter leur famille…

 

Partout nous sommes reçus comme des hôtes de marque, on nous cède les meilleures places, on nous entoure, on nous choie…nous sommes les guest stars du mariage de frère d’un marchant de poisson de notre âge, rencontré sur le port, nous sommes invités chez la femme du préfet qui nous promène dans sa voiture climatisée, nous sommes pris en charge par l’évêque protestant de Sumba…et puis de partout dans les villages, les villes, les ports, il nous suffit de nous asseoir quelques minutes quelque part pour être entourés d’une « cour », souriante et piaillante…tout le monde parle en même temps, les informations qui nous sont soutirées sont relayées, commentées, discutées, des clarifications sont demandées, des commentaires et blagues sont émis…les enfants nous fixent ou se cachent en pleurant…

Nous sommes en permanence le centre du monde…cela agréable dans l’absolu…mais finalement très fatiguant…surtout quand tout se passe dans une langue étrangère, sollicitant des neurones rouillés !

 

Nous avons découvert que nous avions en notre possession une machine à faire plaisir aux gens : notre appareil photo. Ils adorent être pris en photo, surtout les enfants !

Quand ils peuvent se voir sur l’écran digital…leur enthousiasme n’a plus de limite, ce sont des cris et des rires à n’en plus finir !

Parfois, quand une famille nous a particulièrement bien accueillis (pour le mariage d’un fils, pour que je puisse faire une lessive au lavoir…), nous sortons LE POLAROID…là aussi un investissement inestimable…voir sortir la photo et apparaître leurs visages en direct…c’est de la pure magie pour eux…

Quand nous commençons à faire des polaroids, le village entier fini par défiler devant l’appareil…heureusement, nous avons compris : nous ne mettons que quelques feuilles dans le réceptacle, afin de pouvoir dire « désolés, plus de papier ».

 

Le mouillage sur l'ile de Rote

 

 

Ile de Rote. Le village entier, enfants et ado en éclaireurs, nous suit en procession jusqu’à la boutique. Om Bea (Oncle Soutien gorge) nous a pris en charge et s’arrête pour raconter notre vie dans chaque maison, chaque cour. On nous invite à manger des mangues, ou juste à s’arrêter discuter. Tout le village nous accompagne sur la plage pour voir le bateau et se regroupe pour la photo, qui sera plus tard imprimée sur papier A4 et donnée à Om Bea.

 

Si je puis me permettre une comparaison, les indonésiens sont les « latins » de l’Asie du Sud Est…un peuple communicatif, extraverti, musical…la musique est partout dans la rue, dans les bémos, les bus…les gens (même les hommes) dansent dans les fêtes, la production musicale du pays est vibrante : rock, reggae, musique traditionnelle plus ou moins modernisée (entendre techno-isée)…

Nous sommes tombés par hasard sur un concert de Slank (les rolling stones indonésiens) un groupe de rock critiquant ouvertement le gouvernement…plusieurs milliers de jeunes venus de toutes les îles alentours étaient au RDV, pogotant allégrement au rythme des guitares électriques dans une ambiance très « étudiante »…un concert de classe internationale…un grand moment de musique et de partage…nous étions les seuls étrangers !!!

 

Les îles que nous avons visitées jusqu’à maintenant sont toutes très différentes, tant au niveau culturel que géographique…

Les gens vivent dans un mélange de vie traditionnelle et moderne. Le dosage varie d’une île à l’autre, d’un village à l’autre…de partout on trouve des hommes à moto avec leur sarong noué autour de la taille, des femmes en fichu aux dents rouges de bétel à côté de minettes en short et téléphone portable…

 

 

Bien sûr, avec notre âme d’ethnologues du dimanche, nous recherchons les zones où la tradition est préservée, courant après des modes de vie, des artisanats, des architectures en voie de disparition. A Sumba, il y a encore quelques villages traditionnels, les Kampung Raja, où habitent les familles nobles (famille des Raja). Nous y passerons de très bons moments…les gens y sont très accueillants et désireux de partager leur savoir.

De partout cependant, la tôle remplace le chaume et les canapés en simili cuir et la télé apparaissent sur les vérandas des maisons communautaires…

 

Village traditionnel de Sumba, Prayiwang Kampung Raja. Ce village, habité par la famille du Raja de la zone vit encore de manière traditionnelle : agriculture de subsistance, architecture traditionnelle au toit rivalisant de hauteur, tombes monolithiques des Rajas et de leurs femmes richement décorées (la dernière construite en Septembre 2006), fabrication d’Ikat (Tissage traditionel de Sumba voir article spécial) et consommation de noix de bétel…

 

Une chose est sûre, le savoir-vivre et le temps de vivre sont loin d’avoir succombés au stress du monde…

Les Indonésiens cultivent l’art de la sieste…pas question de s’agiter aux heures chaudes ! De 11h à 15 ou 16h, les rues se vident et les magasins ferment.

Les maisons sont faites pour la sieste…les maisons traditionnelles, surélevées, sont équipées d’une « véranda » ombragée, ouverte sur 3 côtés pour laisser circuler l’air. C’est un vrai bonheur que d’être allongé à même le sol de bambou ou de bois de ces terrasses, seul endroit frais à la ronde.

Ce sont aussi des lieux de convivialité, et quand nous sommes invités à y prendre place, c’est rarement pour dormir, mais plutôt pour y voir défiler tout le village, curieux des « bulé » (prononcer : Boulets…si, si…)

 

Bien sûr, il nous faut faire un effort inhumain d’adaptation : ne rien faire pendant 4 à 5h est un exercice difficile pour des animaux dressés au rendement et à la peur de l’inactivité !!!

 

L’heure de la sieste au Kampung Raja de Prailiu. A la demande de la jeune fille, les « négociations » sont entamées pour le mariage de notre capitaine…la dot est élevée pour cette jeune fille de 19 ans, parente du Raja…plusieurs têtes de bétail (bœufs et chèvres), un mamuli (bijoux symbole de fertilité) en or, des tissus etc… « Captain Bakso » renonce à prendre femme à Sumba…de toutes façons Marie Buro l’attend à Poitier !!! ;-) 

 

Même les dragons de Komodo font la sieste !!!

 

Une autre tradition indonésienne qui demande quelques efforts d’adaptation est le « mandi »…le mandi ou « toilette » est l’expression brute des bains turcs à l’ancienne.

Un bac rempli d’eau, une écuelle en plastique pour s’asperger, un toilette à la turque et voilà…cela sert à la fois de salle de bain et de toilettes…

Oui, oui, vous avez bien lu : pas de PQ !!!…A la turque, vous dis je !…

Ça demande un tour de main, mais finalement c’est beaucoup plus hygiénique…enfin je ne vais pas rentrer dans les détails !

La propreté est en général au rendez-vous, même dans les restaurants…donc on s’y fait...

 

La douche de cette manière après une journée chaude et poussiéreuse est un vrai bonheur ; l’eau est en général fraîche car le bac est rempli de bon matin (enfin…le remplissage dépend du fonctionnement des canalisations publiques qui est particulièrement aléatoire !!!) et le but du jeu et d’inonder toute la salle de bain (qui n’est en fait qu’un immense bac de douche)…

Des Ablutions avec un grand A !!!!

 

Le Kamar Mandi de notre hôtel de Sumba. Dans les maisons un peu moins riches, le Kamar Mandi est partagé par tout un village et consiste de 4 cloisons de nattes tressées autour d’un point d’eau, ou même juste de la rivière ou du caniveau du coin. Les femmes, peu pudiques, font leur toilette en public, drapées dans leur sarong.

 

Une journée indonésienne

 

Les rues commencent à s’animer vers 5h30-6h00…les gens déjeunent de beignets ou de riz ou de soupe de noodles vendues dans de petites carioles partout dans les rues.

Les enfants vont à l’école à 7h00

Les boutiques ouvrent vers 7h00 et les administration vers 8h00

 

Le matin les marchés sont particulièrement animés et bruissent de négociations, et d’affaires conclues…

On y trouve les même légumes que chez nous : les tomates sont super bonnes, concombres, aubergines, patates, carottes…le tout bio, bien sûr…on retrouve le goût des bonnes choses…les formes un peu biscornues et les légumes tout petits (ie non gonflés aux hormones ou pas assez d’eau pour grossir ?).

Il y a également toutes sortes de «  feuilles », comme je les appelle, : un genre d’épinard, liserons d’eau etc…qui rentrent dans la composition des recettes asiatiques.

Les fruits sont exotiques : bananes (sucrées et plantain), rambutan et autres longans (tous de la famille du lychee), agrumes variés et inconnus, mangues juteuses, pastèques…

Les étals de riz sont impressionnants : on y trouve 10 sortes de riz différents (pour nous, seul le prix est différent…)

Le poisson séché fait aussi partie du tableau odorant…nous nous refusons à le faire rentrer dans notre menu !!!

Nous nous contenterons de poissons frais grillés par des pêcheurs sur le port…

Pour ce qui est de la viande, nous n’en achetons pas par nous même, la conservation étant par trop délicate par cette chaleur…par contre nous nous en régalons au restaurant : principalement du poulet (frit), mais aussi du bœuf (en curry), de la chèvre, du porc (à timor, seulement, )…

 

Marché de Sumba-échoppe de légume. Cette échoppe est l’une des plus grosse du marché…certaines villageoises viennent avec quelques épis de maïs ou régime de banane posés sur une natte à même le sol de la rue.

 

Vers 11h-12h les restaurant se remplissent pour le repas

Puis c’est la sieste jusqu’à ce qu’il fasse plus frais…les familles se regroupent sur leur véranda ou sur des plateformes en bambou surélevées placées devant les maisons n’ayant pas de véranda. Les hommes discutent, fument, boivent le thé et jouent aux dames ou au poker…les femmes tissent ou s’occupent des enfants…

 

Le village s’anime de nouveau en fin d’après-midi…de nouveau un vent de « shopping » s’empare des foules qui arpentent les rues…bien souvent plus pour socialiser que dépenser leur argent.

Les gens restent dans la rue devant leur maison jusque tard le soir, discutant avec les voisins et regardant les gens passer, les jeunes jouent au foot ou se regroupent en bande…les magasins sont ouverts jusque vers 10h, 11h parfois…c’est l’heure la plus agréable…

 

 

Voici donc en vrac nos impressions de ce mois de voyage…j’espère vous avoir fait partager notre enthousiasme et notre amitié pour ce peuple attachant.

J’espère surtout que nous continuerons à avoir des moments de qualité avec les gens, alors que nous abordons les régions les plus touristiques de l’archipel (Bali, Java)

 

10:42 - 8/12/2006 - Ajouter un commentaire

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