| La Route du Rom |
20 octobre : Gove ou « toute la chaleur de l’Australie »Nous arrivons de nuit, après 4 jours et 3 nuits de nav, pour traverser le golfe de Carpentaria. La première nuit de cette traversée à été très agitée et sans sommeil pour tout l’équipage…le reste de la traversée s’en ressent dans l’humeur et la motivation…on attend que « ça se passe », mais on ne savoure pas à leur juste valeur les superbes conditions de vent et les nuits étoilées…Seules quelques visites de dauphins nous dérident. Les langues se délient et les esprits sont rassérénés par la vue de la terre…et d’une énorme usine d’aluminium qui marque la présence de Gove, notre destination. Gove est une enclave « européenne » dans l’Arnhem Land, immense réserve aborigène. La ville a été créée suite à la construction de l’usine. Des camps pour les travailleurs de l’usine en constituent la principale composante…l’endroit nous rappelle Goro : terre rouge et poussière, mine, camps de container ATCO, pick up teintés de rouge qui circulent à la queue leu-leu aux horaires d’ouverture et de fermeture, etc… L’ambiance nous parait tendue entre les aborigènes, les travailleurs de l’usine et les « blancs » qui travaillent en ville. A cela s’ajoute la présence de philippins et autres immigrés divers. Avec nous pourtant, les gens sont chaleureux et accueillants. Il y a 10km entre le yacht club où nous sommes et le centre ville. Nous trouvons à chaque fois quelqu’un pour nous prendre en stop… Un groupe de jeunes dans une voiture pourrie fait demi-tour spécialement pour nous emmener, et avoir une chance de nous questionner sur notre vie. Quand nous revenons chargés de nos courses, nous arrêtons un mini bus, qui fait les navettes centre-ville/camp de l’usine. Celui-ci est déjà loué par un travailleur de l’usine, mais il accepte de nous emmener jusqu’au yacht club pour la modique somme de 15$ (8euros) Il dépose le travailleur en route et celui-ci se retourne vers nous «j’ai adoré discuté avec vous…pour la peine je vous offre le trajet »…malgré nos protestations, il paie notre course et s’en va avec un grand salut. Enfin, et c’est le plus original transport que nous ayons eu…le samedi soir, la brigade de répression de l’ivresse sur la voie publique s’arrête et nous emmène…dans la cage derrière !!!! Nous n’avions rien bu et nos casiers judiciaires sont encore vierges ! ;-)
Romain et Vincent capturés par la brigade de répression de l’ivresse sur la voie publique…(qui s’en étonne ???)
Nous sommes à terre depuis 6h et déambulons en ville, et déjà des voitures nous croisent en klaxonnant et en faisant des signes de main…j’adore ce feeling de petite ville…les garçons disent qu’il faut que j’arrête d’adresser la parole à tout le monde… Le yacht club est un havre de verdure dans un environnement poussiéreux… Sa pelouse et ses chaises en teck lui donnent un petit air colonial désuet et on s’attend à y voir des lords anglais en costume et chapeau colonial, venir y prendre leur thé de 5h…
Un petit coin de pelouse anglaise dans la chaleur du désert australien
Tous ce qu’on voit venir, c’est les travailleurs de l’usine en salopette de travail orange et bleue et les aborigènes du coin en chemises bigarrées et robes mission (si si, ici aussi c’est la mode !). Tout ce beau monde, qui est respectivement interdit d’alcool dans le camp et les réserves, vient écluser les bières dès l’ouverture (11h du matin)… Nous rencontrons une faune intéressante et éclectique : inventeur serbe philosophe et bavard, yachties, travailleurs de l’usine et aborigènes supportant les all blacks dans un match Nouvelle-Zélande /Australie…pourquoi ? …Parce qu’ils sont noirs ! … Bref, on écoute, on regarde et on apprend beaucoup… Les aborigènes d’ici semblent bien moins sereins qu’à Bamaga…il n’y a pas de mélange de races, ici… Nous n’arrivons pas à savoir si c’est dû au status particulier de cette enclave (que les aborigènes estiment « volée » par l’usine et essaient de récupérer) ou si c’est le cas partout en Australie… Nous allons probablement en savoir plus long au cours de nos pérégrinations jusqu’à Darwin : nous sommes maintenant dans les Northern Territories, le dernier bastion des aborigènes, qui y ont de multiples réserves… Le débat reste ouvert… Comme d’habitude, je finis par une rubrique « animalière »… Gove semble être la patrie des Cacatoés…on en voit même un vol de 40 individus…pas mal pour une espèce en voie de disparition…
Rubrique animalière : les cacatoés de Gove
11:40 - 1/11/2006 - Ajouter un commentaire
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