La Route du Rom

Premières impressions Cambodgiennes...

La traversée de frontière a été moins difficile que prévue, même si nous avons dû tenir bon devant des officiers d'immigration corrompus qui nous demandaient le double d'argent pour notre visa.

A peine la frontière passée, le Cambodge nous a sauté au visage... la poussière, le monde, la pauvreté, la saleté, des enfants qui mendient, les estropiés (les mines?)...et au milieu de cela des riches tours organisés de Blancs qui vont à Angkor et des riches Thaïlandais qui vont perdre leur argent aux Casinos juste en bordure de frontière (les jeux d'argent sont interdits en Thaïlande).

 

Pour quitter cette ville frontière, il nous faut ensuite nous plier aux règles établies par la mafia locale et utiliser un des chauffeurs de taxi "agréé" pour le tourisme... celui-ci ne touchera que la moitié du prix exorbitant que nous payons... tout cela car il ne parle pas anglais!

 

On sent, pour la première fois depuis le début du voyage, l'ambiance "jungle" des zones de transition entre pays... Il faut dire que, même si le niveau de vie en Thaïlande n'est pas très élevé, la Thaïlande est un pays immensément riche par rapport au Cambodge. Et que dire de tous ces touristes qui font un aller-retour rapide pour voir Angkor?

 

Nous faisons 4h de route dans la campagne cambodgienne. Une grande plaine plate à perte de vue... une route dans un état indescriptible (digne des pires pistes africaines!)

L'impression de pauvreté des villages est encore accentuée par la sécheresse et la poussière qui recouvre tout.

Je suis sûre qu'en saison des pluies, cette plaine doit être verdoyante, les villages pleins d'activité, les nombreux buffles, gras et que l'ambiance générale doit être moins frappante... encore que... la route doit se transformer en bourbier et les maisons, sur pilotis, doivent devenir des îlots!

Ceci dit, la saison des pluies semble, partout, reculer chaque année (nous l'avons vu en Indonésie et en Thaïlande)...

 

Il y aurait tant à dire, comme chaque fois que nous arrivons dans un nouveau pays... remarquer les différences de coutumes, d'architecture, les visages des gens... mais j'y reviendrai...

 

Nous arrivons enfin à Siem Rep, après 12h de voyage depuis Bangkok.

 

Siem Rep, cela n'évoque peut être pas grand chose pour vous... mais si je vous dis "Angkor Wat"... cela doit évoquer pour vous un monument majestueux, ce célèbre temple khmer qui attire des millions de touristes de tous les pays...

 

La ville de Siem Rep dessert ce site archéologique et culturel, grâce à de nombreux hôtels (dont un grand nombre, très luxueux) et restaurants servant toutes sortes de cuisines...

Pour la première fois depuis le début de notre voyage, l'influence anglo-saxone cède le pas à une distinctive "french touch", héritée du temps de l'Indochine et perpétrée par le grand nombre de touristes français.

Beaucoup de Cambodgiens parlent français, on trouve de la baguette pour le petit déjeuner (les cambodgiens la mangent avec du pâté ou des sardines... mais nous nous en tenons a de la confiture!!!) et le "Cambodge Soir" en français !!!

 

La vieille ville : 2 rues de "shophouses" entourant le marché sont très bien rénovées, et abritent restaurants, hôtels et boutiques d'artisanat, dans l'ambiance que nous appellons "Walt Disney", celle du Pelourihnou de Bahia, celle de Hoi An au Vietnam, celle de Malacca... bref celle de tous ces lieux historiques où les Européens viennent essayer de "revivre l'histoire".

Alors que nous sommes assis sur une terrasse, dans un siège de rafia, à siroter une bière ou un cocktail, la vérité me saute au yeux...

Nous ne sommes pas là pour "revivre" l'histoire de ces lieux, de ces gens, mais bien pour revivre NOTRE histoire, celle des colons qui eux aussi sirotaient leurs cocktails dans de jolis décors coloniaux, il n'y a pas si longtemps que ça!!!...

 

Je vous l'accorde, ce tourisme "culturel" est nettement plus bénéfique que les autres "tourismes"... celui des plages ou du sexe... il aide à sauvegarder une certaine architecture, la culture locale... car qui, au Cambodge, se préoccuperait d'enseigner les danses et la musique traditionnelle aux enfants, de rénover les bâtiments historiques ou de mettre en valeur l'artisanat local, s'il n'y avait pas de demande et de fonds touristiques?

[NB : je mets un bémol sur le terme artisanat local, car ce qu'on trouve sur les marchés ici est exactement la même chose que ce que l'on trouve au Vietnam et en Thaïlande... reste que cela crée des emplois...]

 

Le touriste culturel cherche à comprendre la culture locale, comme le montrent les dizaines de librairies de la ville, vendant des ouvrages sur la culture et l'histoire du pays et à aider les gens, comme le montrent les diverses organisations (restaurants, boutiques, tour operator) se réclamant du tourisme "équitable"... mais n'es -ce pas juste un tour de passe-passe marketing de plus?

 

Tout cela est très complexe et très délicat... Je n'effleure que la partie émergée de l'iceberg... et je serais curieuse de lire vos réactions...

 

Promis, demain, je vous parle des temples!

Romain m'a préparé un circuit à Vélo (j'en sue d'avance!) avec lever à l'aube et visite des temples par ordre chronologique !!!

 

Nous avons toujours de gros soucis avec les photos. De plus, les connections ici sont très lentes...

Patience patience...

 

Nous vous envoyons une bise coloniale et un vent poussiéreux...

12:17 - 5/04/2007 - Ajouter un commentaire

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