| La Route du Rom |
Mon Indonésie de A à ZComme le henné du mariage du frère d'Omar (à Sumba) qui est en train de s'effacer de mes ongles, nos quelques mois en Indonésie deviennent de plus en plus flous et se fondent en souvenirs. Mais je me suis aperçu qu'il y a encore un nombre incalculable de détails dont j'avais promis de vous parler ou que je me dois de partager avec vous...
Voici donc "mon petit Abécédaire de l'Indonésie."
A comme Anthropologie, ce n'est pas un sport dangereux, d'après Nigel Barley, qui raconte son voyage en Tanah Toraja. Son récit, humoristique à tendance ethnographique, correspond presque exactement, pas à pas, déboire après déboire, rencontre après rencontre, à notre excursion du mois de décembre. A lire donc, pour compléter avantageusement notre récit : L'Anthropologie n'est pas un sport dangereux-Nigel Barley-Petite Bibliothèque Payot Voyageurs.
B comme Bahasa : le Bahasa Indonesia, c'est la langue officielle de l'Indonésie. Choisie pour unifier les multiples cultures et dialectes de l'Archipel, elle est maintenant parlée partout et par tous, en plus des Bahasa Kampung (langue du village). C'est une langue relativement facile : pas de conjugaisons, prononciation proche du français ou de l'anglais, alphabet latin (merci les missionnaires). On arrive rapidement à avoir des discussions avec les gens... même si pour vraiment maîtriser, il faudrait se pencher un peu plus sur les préfixes et suffixes, nombreux, qui font toute la saveur et la poésie de la langue. (Pour ceux qui veulent en savoir plus, je peux leur faire une dissertation personnelle...vous savez que le sujet me passionne...)
Comme toutes les langues, celle-ci comporte des expressions qui reflètent la philosophie et les modes de vie du peuple qu'elle sert... voici un petit florilège;
"Mau ke mana?": où allez-vous, où vas tu?...loin d'être indiscret, car la personne n'attend pas une réponse précise et un "jalan-jalan' (je me promène) suffit, c'est plutôt une marque d'intérêt pour le passant, surtout si c'est l'un des rares Blancs du village... Cette phrase, que l'on entend tout le temps, montre bien l'attitude ouverte aux autres et chaleureuse des Indonésiens...
"Muda-Mudahan": remplace avantageusement ET laïquement le "si Dieu le veut" ou "Inch Allah". Utilisé très souvent... mais semble impliquer qu'il faudrait un miracle (ou tout simplement que la personne se "bouge un peu") pour que le souhait se réalise... Reflète donc le fatalisme flemmard des Indonésiens...
"Bisa": c'est possible, je peux, on peut le faire.On est souvent surpris, en Indonésie, par la réponse affirmative à nos requêtes les plus compliquées : "Bisa kebesaran lubang dari baling baling?" (est-il possible d'agrandir le trou de l'hélice)... Bisa! (dans un petit village de pêcheurs de la côte javanaise, la présence d'un tour et d'un technicien ad hoc, ne laisse pas de surprendre...) Le corollaire, c'est que les Indonésiens, voulant à tout prix nous faire plaisir, ont tendance à répondre "bisa" alors même qu'ils savent pertinemment que non, "tidak bisa"...
Exemple : Est-il possible de nous remorquer jusqu'à Juana? Oui, Ou bien : est il possible de laver nos affaires d'ici demain?...Bisa...et nous nous retrouvons avec des fringues à peine savonnées, pas séchées...
Je vous laisse imaginer les implications de la combination "Mudah-Mudahan, Bisa!"...!!!
Quand je travaillais à Jakarta, on m'avait prévenue : "en Indonésie, tu peux avoir tout ce que tu demandes, mais ça n'est jamais ce que tu veux" Il y a une marge immense entre ce que nous imaginons quand nous prononçons une commande (au resto, par exemple) et les mesures que prendra l'Indonésien pour y répondre...Il faut faire des énormes efforts d'écoute et d'adaptation pour se faire comprendre... En revanche, quand la communication est passée, c'est impressionnant ce qu'on peut obtenir... même dans le village le plus démuni, il y aura du gasoil, un mécano qui s'y connaît...
C comme Corruption : l'Indonésie est réputée comme l'un des pays les plus corrompus du monde. Nous en avions vu quelques traces : barrages policiers raquettant les conducteurs de bemo, harbour master fantoche de Komodo, qui nous allège de 50 000rp sans nous fournir de justificatif...mais jusqu'à présent, rien de bien méchant.
Jusqu'à ce que nous arrivions à Cirebon.
Acte 1 : Passeports et Permis de navigation : Au début, sans méfiance, nous trouvons ces gens très sympas et très efficaces (en Indonésie, cela aurait dû nous mettre la puce à l'oreille!). Arrivés à 23h, nous sommes accueillis par un policier, qui envoie chercher un officier de l'administration du port, lequel repart avec nos passeports et les papiers du bateau... Le lendemain, une demi-douzaine d'autres officiers plus ou moins gradés défilent... tous nous demandent nos passeports... ceux-ci sont toujours en la possession du premier officiel qui nous les a pris... mais celui-ci ne semble pas décidé à nous les rendre. Nous commençons à comprendre que nos passeports représentent une source importante de revenus et de gloire pour celui qui entre en leur possession... Il va falloir jouer fin pour les récupérer sans trop de frais, et sans froisser les fiertés des différents officiels... Nous décidons de laisser l'affaire reposer et de s'occuper de nos passeports la veille de partir...
Acte 2 : Approvisionnement en Gasoil : Nous partons avec Romain pour chercher du Gasoil à la pompe en face du port... Mais un des gardiens nous arrête avec notre bidon... non, c'est interdit d'aller remplir un bidon de plus de 5l à la pompe (nous le savions...mais jusqu'ici, un petit billet au pompiste avait suffi pour régler le problème...). Sur ce, il appelle un flic, qui nous dit qu'il va s'occuper de nous, qu'il y a une pompe dans le port, qui vend le gasoil à 4700rp/l... après de longues hésitations, nous le suivons, car nous avons vraiment besoin de carburant... Il s'arrête chez les officiels du port et "Monsieur Effendi" m'explique que les locaux doivent remplir une demande spéciale, signée par je ne sais combien de dignitaires, pour obtenir le prix de 4700rp/l. Pour les touristes, il n'y a pas de paperasse : il suffit de lui donner 6000rp/l et il nous arrange le coup!... Un peu abasourdie, je dis ok, puis nous nous dirigeons vers la pompe... là, j'entends qu'ils expliquent le "truc" au pompiste, qui visiblement n'y comprend rien...vu qu'il n'a jamais vu un bateau touristique de sa vie et ne comprend pas l'arnaque... Finalement, sur une suggestion de Romain (spécialiste ès corruption suite à son séjour en Afrique...), nous disons que bon, 6000rp/l, c'est vraiment cher et que nous n'avons pas le budget, donc qu'il ne nous remplisse que 20l (au lieu des 130l annoncés) comme stock d'urgence. Rediscussion entre les 3... le pompiste ne semble pas très content de perdre l'affaire... le flic semble intercéder en notre faveur... Nous avons de la chance, Monsieur Effendi saisit une occasion pour se rétracter "en gardant la face", en nous disant "je vous fais une faveur, je prends sur moi de vous faire le prix "spécial""...
Je me répands en remerciements et le pompiste remplit nos 130l pour le prix habituel de 4700rp/l...
Acte 3 : Récupération des passeports et permis de navigation : Nous allons en force pour récupérer nos documents, car nous nous attendons à de longues heures de palabres...
Nous sommes introduits dans la salle de l'équipe "lecture du journal"... enfin c'est ce que font tous les officiels qui y sont et ils sont au moins 20! Quand nous arrivons, l'actualité prend une importance tout à fait secondaire et la salle se met à bourdonner autour de nous... Comme toujours en Indonésie, tout le monde se mêle de tout et nous nous retrouvons bientôt au milieu d'un groupe de personnes posant toutes les mêmes questions sans écouter les réponses, parcourant tous nos documents sans les lire... Et surtout, se mettant chacun en scène pour se faire valoir par rapport aux autres... un grand moment de puanteur machiste d'hommes en uniformes... Mais nous restons polis et expliquons notre cas à chaque gradé comme s'il était le plus important... Encore à ce jour, nous n'avons pas compris si le comportement de ces gens relevait de la bêtise pure, ou d'une bêtise feinte pour nous extraire des sous... mais il nous a fallu leur expliquer de multiples fois que non, nous n'avions pas besoin d'aller voir l'immigration et les douanes car nous allions à Jakarta, leur écrire une lettre comme quoi nous avions été forcés d'atterrir à Cirebon à cause des conditions météo, le tout dans une ambiance relativement bizarre... Nous nous en sommes sortis sans verser un sou... mais sans avoir vraiment compris de quoi il retournait... Notre conclusion est que les Indonésiens sont tellement désorganisés que même la corruption est un grand bordel aléatoire... Il se peut aussi que n'ayant pas l'habitude de voir des étrangers, ils n'ont pas de "procédure de prélèvement de fonds" adaptée... Gare au prochain bâteau de touristes qui arrivera à Cirebon!!! Monsieur Effendi sera prêt, cette fois!
D comme "Dua Cukup"(2 ça suffit) : c'est la campagne gouvernementale pour limiter la natalité en Indonésie... elle est le sujet de nombreuses blagues de la part des Indonésiens... dont le classique "pour moi, 5 (ou 6 ou 8, ou même 10!) ça suffit!". Les Indonésiens adorent leurs enfants... les bébés sont toujours dans les bras ou sur le dos d'un parent ou d'un frère, les petits attirent toujours les regards des adultes qui gagatent allègrement... Pas étonnant qu'ils en veuillent toujours plus, malgré les campagnes et le financement de la pilule. Prendre celle-ci semble être considéré comme honteux, surtout dans les milieux les plus religieux. A cela s'ajoute le besoin des hommes de prouver leur virilité... Je n'ai pas eu le temps de vraiment analyser toutes les raisons profondes et plus prosaïques, mais le fait est là : il y a des enfants partout. Le passage d'un Blanc dans leur zone de jeu déclenche chez eux les réactions les plus diverses : des sanglots aux hurlements de peur, des sourires timides aux manifestations plus ou moins hystériques de joie (hello Mister, Balaaaaanda, ...), de la course pour se rapprocher au contournement timide...aucun n'est indifférent. Certains gamins sont très attachants, débrouillards, intelligents...on a envie de les gâter (images de Zidane, gâteaux, bonbons)... mais dans les zones les plus touristiques (Bali, Rantepao), ils se précipitent sur nous en réclamant des bonbons ou pire, de l'argent, ce qui nous attriste...
Les gamins de Paku (Tanah Toraja) se bousculent pour figurer sur la photo et hurlent de joie en se voyant sur le petit écran numérique
Les Indonésiens ont leurs enfants très jeunes et ils en ont beaucoup. Leur plus grande fierté étant d'énumérer les noms et âges de leur enfants, il est donc naturel pour eux, dans les premières questions posées aux touristes, de demander "et vous avez des enfants?"... Que nous ayons 29 ans, mais que nous n'ayons pas d'enfants, nous attire immanquablement un regard apitoyé : c'est sûr, nous ne pouvons en avoir... Parfois je leur dis que nous ne sommes mariés que depuis 1 an... je m'attire un regard entendu voire lubrique... ah, ah "Bulan Madu!!!"...la lune de miel... ça ne va donc pas tarder!!! Sinon, il faut expliquer; les études, le boulot, les voyages... tout cela les dépasse... Enfin, quand je veux couper court au questionnaire, je réplique qu'on ne veut pas d'enfants, que c'est bruyant et plein de problèmes : regard d'incompréhension totale... radical pour avoir la paix!!!
E comme Etnies : Carrefour sur les routes maritimes entre la Chine, l'Inde, l'Europe et les pays Arabes, l'Indonésie est un creuset de multiples cultures et races. Outre une communauté chinoise qui reste toujours un peu à part, conservant coutumes, religion (boudhisme) et traits physiques caractéristiques, on trouve dans tout l'Archipel des visages, des mots, des coutumes, de l'architecture, dénotant le passage des Indiens, des Arabes, des Hollandais, des Portuguais, et de nombreux autres peuples (Aborigènes, Siams...), au cours de l'histoire du pays. Certains Indonésiens pourraient être parachutés dans les rues de Bombay, Marakech, Pékin ou Manille sans dénoter... les autres sont de joyeux mélanges, tirant plus ou moins vers un type ou l'autre selon les influences les plus importantes dans leur zone d'origine... Chaque région, chaque village dans certaines zones, est le siège d'une ethnie particulière avec langage, tradition, costumes, architectures spécifiques... Cependant ces différences ont tendance à être gommées sous l'influence de l'éducation et du Bahasa...qui amènent partout une culture orientée vers l'Ouest (jeans, Tshirt et Macdo...)
F comme Fruits : les marchés indonésiens regorgent de découvertes pour nos palais et narines européens. Epices, bien sûr, légumes, parfois (notamment toutes sortes de "feuilles", liserons d'eau, épinards sauvages...), mais surtout une multitude de fruits dont nous n'imaginions même pas l'existence : De nombreux agrumes, aux saveurs formant un camaïeu combinant l'acidité du citron à la douceur de la mandarine, et qui portent tous le nom de "jeruk", parfois accompagné d'un qualificatif (le Gros Jeruk, le Jeruk piquant, le Jeruk de Bali...). Toute la famille des litchees nous surprend aussi : tous ont la même chair blanche au goût plus ou moins prononcé et au noyau plus ou moins gros, mais ils font un concours d'originalité quant aux enveloppes. Le Rambutan a une coque pleine de poils rouges et verts, alors que celle du Longan ressemble à une écorce lisse...quant au Manggis, il est bien plus gros et de l'extérieur, on dirait une grenade (le fruit) violette. Il y a également le Durian qui exhale une odeur tellement fétide qu'il faut être né en Asie pour seulement penser à le manger...son goût n'est cependant pas mauvais... Semblable au durian par la forme (genre de gros patatoïde de la taille d'un melon), mais avec une odeur nettement plus supportable, la Nangka (je pense que c'est ce qu'on appelle l'arbre à pain) que les Indonésiens mangent en curry... mmmh Et bien sûr, les mangues (surtout celles de Rote, dont nous gardons un souvenir juteux...), papayes, avocats, ananas...et même pommes, poires (de Chine), raisin (dont ils font un genre de vin...mais aucun risque pour notre production nationale!!!)...
Qui dit fruits dit jus et salades...les Indonésiens servent les premiers très sucrés (souvent avec du lait concentré) et avec des glaçons et les secondes saupoudrées de piment... et parfois accompagnées de "jelly à l'anglaise"...mais cela m'amène à ma lettre suivante:
G comme Gastronomie : c'est un bien grand mot pour qualifier la cuisine indonésienne. Celle-ci est essentiellement à base de riz ou mie (pâtes chinoises), beaucoup de fritures, très pimentée... mais finalement pas très "fine" et pas très variée. Les Indonésiens mangent pour se nourrir, rarement pour le plaisir du palais... Nous nous sommes cependant régalés en testant toutes sortes de spécialités.
Le plat national , Nasi Goreng : riz frit, additionné de légumes et piments et, contre un petit supplément, agrémenté de poulet, poisson ou fruits de mer. On trouve également toutes sortes de riz; Nasi Campur, Nasi Rames, Nasi Kuning (au safran)... plat de riz avec un accompagnement : poulet, curry, légumes, oeufs... Le riz se retrouve aussi sous forme de porridge, appelé Bubur et servi de bon matin avec du poisson ou du poulet au curry!
Juste après le riz, les Mies, ou noodles. Ce sont des pâtes chinoises au oeufs et au blé. On en trouve des versions instantanées, où il ne reste plus qu'à rajouter de l'eau. Nous en avons fait une large consommation quand nous étions en mer. Mais ce qu'il y a de meilleur, ce sont les mies fraîches... celles-ci sont le plus souvent servies en soupes, accompagnées de poulet ou de boulettes de viande reconstituées (le fameux Bakso qui a donné son nom à notre capitaine!). On trouve également des Mie Goreng qui sont aux Mies ce que le Nasi Goreng est au riz...
Pour ce qui est des légumes, ce sont essentiellement des "feuilles", genre d'épinard et liserons d'eau et des choux (choux-fleur, choux chine, choux blanc, broccoli...). Ceux-ci sont très peu cuits et servis en petites quantités, comme accompagnement ou mélangés au riz ou aux nouilles.
De même viande et poisson sont toujours servis en petites quantités et relativement cher. Le plat à base de viande qui tient le haut du pavé est le "Ayam Goreng" ou poulet frit...il est servi accompagné de riz et en "portion Pacte écologique".
Ceux qui ont lu Nicolas Hulot dans le texte comprendront l'allusion... pour les autres, j'explique : - les poulets sont si petits que l'on est bien sûr qu'ils n'ont pas été poussés aux hormones. - un poulet est divisé en 4 parts seulement. La viande contenue dans une portion suffit juste à nourrir son homme, à condition qu'il ronge patiemment chaque os et se serve une bonne ration de riz à côté.(pour un européen habitué aux gros poulets juteux, c'est un peu léger en viande au début, mais on s'aperçoit vite qu'en fait ça suffit!).
Donc je résume, pas d'hormones, pas de gaspillage, pas de "sur-alimentation" et coût relativement élevé qui limite la consommation... ce sont les "portions Pacte écologique"!
Une autre découverte savoureuse : les Satay. Brochettes de chèvre, boeuf, porc ou poulet au feu de bois, servies avec une sauce aux cacahuètes épicée. Les boutique de satay servent souvent en parallèle le "gulai", soupe au curry contenant des morceaux de brochettes cuits au feu de bois.
La gastronomie de la côte est de Sumatra, ou Masakan Padang, a subi l'influence des marins indiens et propose un large échantillon de curry, viandes cuites dans des épices et du lait de coco et autres délices particulièrement épicés. Les restaurants Masakan Padang fonctionnent sur le principe du "mange à volonté et paie ce que tu as mangé"... ils disposent donc une dizaine d'assiettes de différents plats sur la table, ce qui permet de goûter à ce qui nous fait envie et de ne payer que ce qu'on a goûté.
Pour finir cette description sommaire de la cuisine indonésienne, il faut que je vous parle des "en-cas"...les Indonésiens sont très forts en grignotage... au grand désespoir de mon tour de taille... On trouve toutes sortes de beignets : fourrés à la banane, au tofu, aux oignons... et j'en passe... ceux-ci sont disponibles en permanence... tout frais, tout chauds... dans de petites carioles partout en ville... comment résister? Il y a également des carioles qui servent des genres de crêpes. Les crêpes salées, ou Martabak, ressemblent à des brics aux oeufs : une pâte fine, fourrée avec un mélange d'oeufs et de petits oignons et frite à grande huile (!!). La version sucrée tient plutôt du gros pancake bien épais et porte le nom de Bulan Manis (lune sucrée) ou Kue Bandung...il est fourré de lait concentré sucré, chocolat, cacahuètes, sucre... si si, tout en même temps... je vous rassure, cette crêpe n'est pas frite, mais cuite dans un moule en fonte!!! Relativement roboratif...!
Il y a encore beaucoup d'autres plats, particularités régionales, cuisine chinoise ou indienne...chaque zone se vante de ses spécialités et nous nous sentons "obligés" de tout tester !
Nous notons aussi une grande quantité de Mc-Do', KFC et autres fast-food, surtout dans les centres commerciaux... et les gens que nous y croisons (surtout les enfants) frisent très souvent l'obésité... les riches qui peuvent s'offrir le Mc-DO (très cher par rapport aux restaurants locaux) trouvent de très mauvais goùt de se déplacer à pied et de faire de moindre exercice qui puisse les faire transpirer... je ne donne pas cher du taux de maladies cardiovasculaires en Indonésie d'ici quelques années! (Voir aussi à la lettre K, comme Kretek)
H comme Hello Mister... les seuls mots d'anglais que connaissent TOUS les Indonésiens... et qu'ils servent à toutes les sauces au Blanc qui passe (qu'il soit homme ou femme, d'ailleurs!). Les Indonésiens semblent mettre un point d'honneur à ne pas laisser passer un Blanc sans le saluer... facile pour eux car leur pays est très peu touristique, à part quelques zones... plus difficile pour le Blanc en question qui finit par entendre des "hello Mister" jusque dans son sommeil!!! J'essaie de prendre mon mal en patience et de faire un signe gentil aux gens en réponse... ils ne peuvent pas savoir qu'ils sont les 100ème de la journée à nous saluer... Romain et Vincent ont tendance à penser que c'est un manque de savoir vivre pur et simple que de harceler les gens ainsi... (voir la lettre I, comme Intimité...)
I comme Intimité; c'est bien simple cela n'existe pas en Indonésie. Le mode de vie, la surpopulation, la culture... tout converge pour que les Indonésiens n'aient aucune notion de la vie privée. Ils vivent en familles élargies, toutes générations confondues, dans des maisons constituées essentiellement de salles communes. La toilette se fait souvent en commun, dehors pour les plus pauvres. Il y a toujours et partout du monde et les Indonésiens détestent la solitude... Ils se font d'ailleurs un devoir, dès que l'étranger paraît seul ou désoeuvré, de venir lui faire la conversation... C'est parfois un peu dur, pour nous Européens, qui tenons à notre intimité. Notamment quand nous sommes sur le bateau (représentant pour nous, notre sphère privée) et que le village entier défile pour voir comment est le bateau, voulant rentrer à l'intérieur, discuter... alors que nous n'avons qu'un désir; prendre une douche ou aller aux toilettes!!! Mais c'est cette même spontanéité chaleureuse et curieuse qui les rend attachants... alors nous essayons tant bien que mal de garder notre patience devant ces "envahisseurs" sympathiques.
Souvenir d'un groupe de jeunes "envahisseurs" bien sympathiques
J comme Jakarta, capitale de l'Indonésie. Nous n'avions pas prévu de nous y arrêter, mais les conditions météo en ont décidé autrement...Ville bruyante et éternellement embouteillée (d'autant plus que nous arrivons en pleines inondations), Jakarta cache pourtant dans des petites rues transversales, une vie de village traditionnel. Il faut donc apprivoiser le plan urbanistique d'un architecte fou, et apprendre à connaître les trésors de la ville... nous croyions avoir trouvé une perle : Jalan Jaksa... rue connue des backpackers pour ses hôtels pas chers et ses bars. Une oasis calme au milieu de la jungle urbaine, un petit hôtel sympa avec un jardin... Nous déchantons rapidement... il règne dans cette rue une ambiance glauque : expats bourrés dormant sur les tables quand on va prendre notre petit déjeuner, Indonésiennes attifées de manière suggestive et riant bruyamment, détruisant d'un coup notre image de la douce Indonésienne souriante et avenante... nos quelques contacts avec les gens de la rue (notre hôte, un tenancier de bar qui essaie de nous arnaquer...) détruisent aussi d'un coup l'image des Indonésiens amicaux et insouciants... Dommage que cela soit notre dernière impression de l'Indonésie... encore plus dommage que cela soit la première, ou la seule impression d'autres voyageurs ou expat'...
K comme Kretek : la cigarette au clou de girofle que TOUS les hommes fument ici. Les pubs pour cigarettes (permises, ici) vantent le fait de fumer comme une preuve de virilité... bien évidemment, les Indonésiens, tellement soucieux sur ce sujet là, sont des fumeurs invétérés, et ce, dès l'âge de 6 ou 8 ans... Il y a bien, pour contrebalancer les pubs, un avertissement sur les paquets disant que l'impuissance peut guetter les gros fumeurs... mais connaissant les Indonésiens... ils ne l'ont jamais lu jusqu'au bout... Bref...entre ça et les MacDo, la tensions artérielle moyenne des hommes ne doit pas être terrible... Romain dit que ce n'est pas grave, c'est une forme de contrôle de population! Nous sommes choqués de voir que le gouvernement permet toutes sortes de pubs et que tous les concerts de groupes de musique sont financés par des marques de cigarettes, distribuées gratuitement lors de ces évènements. Reste que l'odeur caractéristique de la Kretek reste pour moi le symbole de l'Indonésie.
L comme Lulur : soin de beauté javanais.
C'est une sorte de pâte à base de turméric (genre de safran), gingembre, huile de coco, donnant une texture jaune et grumeleuse qui sert de gommage et est généralement suivi d'un bain au lait parfumé au jasmin ou tiaré... un grand moment de plaisir. Les Indonésiennes adorent les soins de beauté et il y a de nombreux "salons" même dans les petits villages... Dur dur cependant de trouver une épilation!!!
M comme Mandi; cela veux dire à la fois toilette et salle de bain. Des toilettes à la turque (ou parfois un trou dans le sol) et un grand bac d'eau... cela suffit aux Indonésiens pour faire tous leurs besoins et leur toilette. Pas de PQ. Après avoir fait ses besoins, on se lave à grande eau, avec la main gauche qui ensuite ne peut plus être utilisée ni pour saluer, ni pour manger. Les maisons les plus aisées ont un petit jet très pratique, qui, bien dirigé, évite de se servir des mains. La douche? C'est un petit seau plastique avec un manche qu'on remplit au bac et qu'on se retourne sur la tête... cela demande du courage car l'eau peut être relativement froide (surtout en Sulawesi)...mais une fois mouillé, c'est un vrai régal d'asperger tout autour de soi dans une grande célébration de la propreté et de la fraîcheur. Les Indonésiens se lavent 3 fois par jour ou plus... héritage des religions Musulmane (ablution avant chaque prière, 5 fois par jour) et Hindoue.
N comme Nasi : une langue reflète la culture qu'elle sert. Dans le bahasa, on trouve une multitude de mots pour désigner le riz : Nasi, c'est le riz cuit, prêt à être mangé. Beras, c'est le riz avant cuisson Padi, c'est le riz avant moisson... Il y a aussi des mots pour le riz gluant, les gâteaux de riz... Pourquoi? Parce que les Indonésiens mangent du riz matin, midi et soir... et s'ils n'ont pas avalé leur portion de riz, ils ont l'impression de ne pas avoir mangé du tout! La preuve : chez MacDo, ils proposent une portion de riz dans le menu Big Mac, en plus des frites et de la boisson!
O comme Ojek : c'est le nom indonésien des motos-taxi...
La moto; moyen de transport principal en Indonésie (ici, Bali) Le style, c'est pas la marque de la moto, c'est celle des lunettes!
La moto... Un des nombreux moyens de transport disponibles dans les villes indonésiennes, aux cotés des :
Becak (prononcer betchak) : pousse-pousse propulsé par un vélo sur lequel pédale un Indonésien, au rythme de sa musique préférée diffusée par d'énormes baffles... Choisir un chauffeur dont on partage les goûts musicaux ! Bémo : mini-bus ou taxis collectifs... répondent aussi au nom de pete-pete, selon les régions... leurs couleurs annoncent leur destination... ils sont décorés, tunés et colorés avec amour par leur propriétaire, qui s'approvisionne dans les multitudes de boutiques d'autocollants, jantes lumineuses et autres accessoires IN-DIS-PEN-SABLES... dont les énormes baffles, situées... sous les sièges des passagers!!! Là aussi, éviter les chauffeurs fans de techno ! Bus : pour les plus longues distances, ou dans les grandes villes... ces engins vieillis, usés et fatigués parcourent les routes du pays cahin caha... vu l'état des routes et celui des engins... pas d'excès de vitesse possible! Mode d'emploi du voyage en bus : se renseigner sur les horaires et le lieu de départ, recevoir une dizaine de réponses différentes, attendre... longtemps... rater plusieurs occasions car on est au mauvais arrêt, trouver le bon arrêt, attendre... encore... monter dans le bus, s'asseoir (parfois) les genoux dans le menton, la vieille d'à côté dans les côtes, recevoir des noix de cocos sur les pieds, transpirer, hurler par-dessus le bruit du moteur des réponses aux questions multiples des voisins, voir défiler le paysage, lentement,... respirer car la vieille d'à côté est descendue... recevoir sur les genoux le panier de durian (qui pue...voir F comme Fruit) d'une autre vieille qui vient de monter, se dire qu'on préférait la vieille précédente... arriver, enfin, en sueur, la chemise tachée de durian et puant la clope... poursuivis par les sourires joviaux et l'amitié éternelle de tous les voisins de bus auxquels on a laissé nos adresses et nos photos sur leur téléphone portable....
Se dire que bon, c'est ça l'aventure... mais que si c'est possible, la prochaine fois, on prendra un compartiment non fumeurs! Bajaj : spécialité de Jakarta, c'est un croisement de Becak et d'Ojek, un tricycle motorisé orange vif, qui parcourt les rues encombrées de Jakarta à toute vitesse en pétaradant et tanguant... A ne pas rater!
Bajaj dans les rues de Jakarta. NB pas trop de circulation de jour là pour cause d'inondations! Notez la pub pour un concert de rock sponsorisé par une marque de clope en arrière plan!
P comme Pêcheurs : ils sont partout en Indonésie... leurs villages jalonnent les côtes et leurs bateaux, de toutes les tailles et de toutes les couleurs peuplent les mers. Ce sont les personnes avec lesquelles nous avons le plus de contacts au cours de notre voyage... et quels contacts! En voyant arriver un bateau "différent", leur réaction est chaleureuse : grands saluts, gestes indiquant le chenal ou le lieu idéal pour jeter l'ancre (ne pas toujours suivre leurs conseils, cependant...), ils nous accompagnent parfois pour nous guider... et puis leur curiosité pour notre voyage et notre bateau! Ils comprennent, apprécient la difficulté du voyage, posent des questions sur le moteur, les différents mécanismes (le guindeau leur plaît particulièrement).
Le quai fourmillant de Banyotowo... petit village de pêcheurs sur la côte nord de Java.
Q comme Quand ? encore une particularité du bahasa, qui en dit long sur la philosophie indonésienne... Kemarin peut vouloir dire "hier"..."avant hier"...ou "un jour, il y a longtemps"... Bon. Il y a pire, pour nous les Européens : Besok peut vouloir dire "demain"..."après demain"...ou "un jour, dans longtemps"... Sans commentaires...
R comme Rusak : c'est "Rusak", c'est cassé, ça ne marche plus...(pour les Camerounais "c'est foiré, patron"). Pour les Indonésiens, l'Indonésie, c'est "rusak"... on ne peut que leur donner raison!
S comme Sourires : les Indonésiens ont le sourire et le rire faciles...On se croise dans la rue : un regard, franc... suivi d'un sourire spontané... On fait ça en France? On passe pour un taré... ici c'est des dizaines de fois par jour ! Ces sourires, en tant que femme, je les trouve plus faciles à échanger avec les femmes... quand je passe, celles-ci me regardent si fort qu'elles captent mon regard, on échange un sourire, un signe que je ressens comme "bienvenue soeur du bout du monde"... une fraternité instantanée, qui fait chaud au coeur.
T comme Tranquillité: notion inexistante en Indonésie, sauf peut être à Bali. La plupart du temps, il est impossible, pour le Blanc, de rester tranquille plus de quelques instants... Il y aura toujours un chauffeur de taxi pour le klaxonner, un becak pour l'interpeller, quelqu'un pour venir lui parler... Dès que le Blanc semble désoeuvré ou perdu, quelqu'un se chargera de venir lui tenir companie... Seule solution pour se soustraire à cette sollicitude un peu envahissante : se mettre à couvert (l'hôtel, le carré du bateau..) ou faire la sourde oreille (difficile car ils sont persistants!)
Voir aussi à la lettre I comme Intimité
U comme Uniformes : ils sont partout en Indonésie... Ceux des armées, bien sûr, dans cette société hyper militarisée. Ce sont les uniformes qui font peur, auxquels on évite d'avoir affaire (voir aussi à la lettre C comme...). Des uniformes plus sympas : ceux des écoliers. Chaque école a son uniforme et rivalise d'originalité, bleu et rouge ont la vedette... parfois des imprimés batik... les plus fantaisistes sont les école islamiques (sisi), qui coiffent leurs demoiselles de voiles brodés, colorés, ornés de fleurs en tissu tout autour du visage... Les sorties d'école sont un vrai plaisir pour les yeux...
Les gamins de Sepi (Ile de Lombok) rentrent de l'école musulmane.
V comme Voile : l'Indonésie est un immense archipel... la meilleure manière de la visiter est donc le bateau... accéder à des baies magnifiques, arriver dans des villages isolés où nous créons l'évènement, rencontrer des pêcheurs avec lesquels nous fraternisons. Le fait que nous ayons les mêmes préoccupations qu'eux (la mer, le vent, les vagues, le moteur) crée un lien au-delà des différences culturelles et linguistiques... le bateau devient notre sésame...
Sans parler du plaisir que l'on procure aux gens, juste en les laissant monter quelques instants sur le bateau pour "voir" cet objet magnifique, cette merveille de technologie venue de l'Occident (si si, je parle bien de Tequila!
Les ados de Banyutowo viennent nous rendre visite chaque soir... Le premier soir, ils amènent en grande pompe, les résultats du championnat de foot anglais! Romain se dévoue pour avoir l'air interessé! Le deuxième soir, ce sont des fruits, qu'ils nous préparent Le troisième jour des noix de coco... Une petite bande très sympa... la prochaine génération de pêcheurs!
Au fait...vous souvenez-vous de notre aventure en mer du Timor? Nous avions demandé du gasoil à des pêcheurs, qui nous avaient répondu qu'ils marchaient au Solar. Nous nous étions dit "dommage pour nous, mais tant mieux pour l'environnement" Eh bien figurez-vous que nous avons appris, au ravitaillement suivant que SOLAR, ça veut dire GASOIL en Indonésien... rien à voir avec le soleil!!! On aurait donc pu se ravitailler auprès de ces braves gens au lieu de mettre le branle- bas de combat sur la plateforme BP!...
Vous n'aviez pas fini de rire sur cet épisode de nos aventures!
W comme Warung... En Indonésie, on trouve à manger à tous les coins de rue, selon ses goûts et son budget...
Tout d'abord, il y a une multitude de "carioles" aménagées pour produire 1 spécialité : le martabak, les beignets, les Bakso ou autres soupes, les Satay... celles-ci sont des "resto ambulants" qui vont jusqu'à la porte des ménagères et des boutiquiers pour leur apporter leur casse-croûte.
Notre faiseur de Martabak préféré devant sa cariole, Semarang. J'ai réussi à échanger sa recette de Martabak et sa recette de Bulan Manis contre la recette des crêpes de Romain!
Ensuite, les Warung... petites échoppes basiques : une table et des bancs, souvent sur le trottoir ou dans le marché, par définition sans murs et parfois sans toit. Les warung servent 1 ou 2 spécialités faciles, le plus souvent du riz, des mies, du poulet ou du poisson... On peut s'y nourrir dans une ambiance bruyante et agitée, mais conviviale, pour
Enfin, les Rumah Makan ou Restoran, plus luxueux, ils ont, eux, des murs et un toit... parfois même un ventilateur... et proposent un menu plus conséquent et plus élaboré, souvent basé sur la cuisine chinoise. Plus chers, on y mange cependant pour moins de 2 euros par personne!
Voir aussi G comme Gastronomie
X comme Xylophone : inspirés par leur passé boudhiste, les Indonésiens ont des orchestres de xylophones, les Gamelans.
Je n'ai pas retenu le nom de chaque instrument, mais les composants essentiels du Gamelan sont : - Une dizaine de Xylophones à caisse de résonance en métal, pour la mélodie - 2 à 4 Xylophones à caisse de résonance en bambou, pour la rythmique - 2 à 3 Xylophones formés de petits gongs de différentes tailles, pour des basses cuivrées - 1 jeux de Gong de grande taille pour des basses profondes... - 1 ou 2 tambours (croisement de jembé et de caisse claire)
Un échantillon des instruments de Gamelan-Musée de Denpasar (Bali)
Selon les régions, on voit des variations : Les Balinais, sous influence Hindoue, rajoutent un genre de darbouka qui fait des bruits de cythare (je développe ou ce n'est pas la peine?) et une flûte pour la mélodie... les rythmes se font alors zen et méditatifs... Les Madurais, très musulmans, préfèrent remplacer tous les instruments mélodiques par une mélopée chantée rappe 05:42 - 28/02/2007 - Ajouter un commentaire
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