La Route du Rom

Cirebon-Cirebon: Nuit de Java...

Notre etape a Cirebon (prononcer  D'chi rez bonne) s'est prolongee d'une journee car le temps n'etait pas favorable...enfin, le 30 au soir, le temps semble s'etre calme, les habituelles pluies de la  mousson nocturne se sont tue ce soir...nous en profitons pour mettre les voiles direction Jakarta.

Tout s'annonce pour le mieux; le vent est avec nous, la mer n'est pas trop houleuse...une nuit agreable s'annonce.
Romain prend son quart, nous allons nous coucher...
Au bout d'une heure, Romain arrete le moteur...branle-bas de combat, tout le monde sur le pont; Tequila est pris dans un filet...

Pas de lumiere, aucun bateau dans les environs, un malheureux bidon d'huile de 200ml pour flotteur...ces filets derivants sont impossibles a deceler.
Une embuche de plus de la cote javanaise qui nous avait epargnes jusqu'ici...mais il fallait bien que ca nous arrive...

Tequila est emberlificote dans ce filet comme un papillon dans une toile d'araignee; plusieurs tours autour de l'helice (dans les 2 sens vu que nous avons tente une marche arriere desesperee pour nous en sortir), et un paquetage complique autour de la coque, pris dans les anodes, dans la quille...

Vincent passe presqu'une heure dans l'eau a demeler, couper, pendant que nous faisons de notre mieux sur le bateau en l'eclairant et en tirant sur les pans de filets qu'il degage.
Le bateau est brinqueballe par les vagues, ce qui rend notre tache encore plus difficile.


Vincent sortant de l'eau avec son couteau et des bouts de filet arraches (scene reconstituee le matin suivant a Cirebon, car sur le coup, on n'avait pas envie de faire des photos...)

Nous arrivons finalement a nous liberer et reprenons notre cap...mais un bateau de pecheurs nous prend en chasse...le patron est tres en colere; selon lui son filet aurait disparu suite a notre liberation...
Romain, avec son sens de la justice et de l'equite lui lance "t'avais qu'a l'eclairer, ton filet, maintenant tu te debrouille" (en Indonesien...si, si un Romain tres enerve est completement bilingue!!!)

Mais il est impossible de raisonner cet homme surexite, dans un langage que nous ne maitrisons pas, entre 2 bateaux secoues par les vagues, dans le bruit du moteur...
Nous leur lancons donc une boite contenant 300 000rp (30euros...probablement 1 semaine de boulot de cet equipage de 4)...cela semble les calmer, en tout cas ils renoncent a nous poursuivre.

Alors que nous nous preparons a retourner dormir et Romain a prendre son quart, les pluies de la mousson arrivent (en retard, mais a grand renfort de grains et orgages)...nous mettons le bateau en toilure minimale et continuons la route.

Toute la nuit il nous faudra barrer, car le bateau est sans arret detourne de son cap par les vagues qui le prennent au travers de plein fouet. Les mouvements du bateau rendent le sommeil impossible, nos quarts sont infernaux, averses et orages se succedent...le matin se leve sur un equipage epuise et un bateau qui fait du sur-place depuis 4h du matin.
Tequila semble avoir heurte un "mur" au dela du quel elle ne peut nous emmener, malgre le moteur a fond, les voiles deployees; le courant et les vagues venant en sens inverses sont les plus forts...

Nous essayons de vaincre ces forces invisibles jusqu'a midi sans avancer d'un mile, voire en reculant parfois...et puis nous renoncons et retournons a Cirebon.

La mer de Java, maratre indomptable, vetue de sa robe grise et de son chapeau de nuages menacants nous giffle de son ecume et nous secoue comme dans une machine a laver, jusqu'a ce que nous soyions refugies dans le port, lessives, rinces...

Nous voici donc de retour a la case depart, attendant une fenetre meteo qui nous permette de faire les 165 miles qui nous separent de Jakarta.

Cirebon n'est pas un tres haut lieu touristique, ni une ville tres charmante, a part quelques palais de sultans datant de 1529...Mais le port est pratique (meme si c'est un nid de corruption...mais j'y reviendrai...), il y a des boutiques pour acheter du materiel pour les menues reparations et nettoyages qu'il nous faut faire (surtout pour occuper l'esprit de notre capitaine, stresse par ces contre temps sans fin), un cafe internet pour communiquer...et surtout, des petits restos qui font de delicieuses langoustines et des poissons grilles au feu de bois...nous avons de quoi nous occuper en attendant que "la javanaise" soit plus clemente...

Je laisse donc le suspence planer...arriverons nous a gagner Jakarta avant le 7/2/7 (date butoir du nouveau programme de Vincent, deja ampute de quelques semaines...)?
Vous le saurez dans le prochain episode de "Tequila fait la Java"

05:31 - 1/02/2007 - Ajouter un commentaire

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